La BBC publie cette semaine une enquête sur ce que collectent les voitures connectées. Le titre est sobre. Le contenu est consternant.
La BBC publie cette semaine une enquête sur ce que collectent les voitures connectées. Le titre est sobre. Le contenu est consternant.
Mozilla a analysé les politiques de confidentialité de 25 constructeurs automobiles. Résultat : zéro sur vingt-cinq ne respecte les standards minimaux de protection des données. Mozilla a conclu que les voitures sont "la pire catégorie de produits que nous ayons jamais évaluée en matière de vie privée".
Ce que vos voitures peuvent collecter selon les CGU que vous avez acceptées sans les lire : votre localisation précise en temps réel, qui monte dans votre voiture (dingue !), vos expressions faciales, votre poids, votre âge, votre profil psychologique, vos habitudes de conduite — et pour Kia, la politique de confidentialité mentionne explicitement votre "vie sexuelle" (no comment). Le constructeur précise ne pas collecter cette donnée. Rassurant ?. Chi lo sa !
General Motors a vendu les données de localisation de ses clients à LexisNexis — le même LexisNexis qui vend de la jurisprudence. Un conducteur a découvert que la société détenait 130 pages de données détaillant chacun de ses trajets sur six mois. Son assurance a augmenté de 21 %.
Et ça va s'aggraver : une loi américaine va bientôt imposer l'installation de caméras infrarouge biométriques dans tous les véhicules neufs pour détecter la conduite en état d'ivresse. Sans aucune disposition sur ce qui peut être fait des données collectées.
Pourquoi ça nous concerne directement ?
Parce que nous transportons des clients dans ces voitures. Parce que nous téléphonons depuis ces voitures — et que le système d'infodivertissement peut accéder aux contacts, aux SMS, à l'historique d'appels dès qu'on branche son téléphone. Parce que les conversations qu'on a dans ces voitures ne sont pas nécessairement inaudibles des microphones embarqués.
Preuve encore, s'il en est besoin, que le secret professionnel ne s'arrête pas à la porte de votre bureau. Il s'arrête là où s'arrête la maîtrise de ce qui peut être capté, stocké et revendu. et force est de constater que l'espace de notre "intimité" se réduit comme peau de chagrin. Flippant, oui ! Mais surtout pas une fatalité, si l'on veut bien prendre conscience du problème et cesser de se mettre la tête dans le sable ou dans la cendre...
→ Lire l'article original sur BBC Future
→ Analyse Mozilla : "Cars are the worst product category we have ever reviewed for privacy"